Les Mécanismes d'interprétation

La suite de mon précédent post "Les filtres de perception" : une fois que l'on perçoit le monde à notre façon, notre cerveau l'interprète. Quels sont les mécanismes d'interprétation qui forgent notre vision du monde ? Réponse dans cet article.


Les Mécanismes d'interprétation, c'est quoi ?

Chacun sa vision du monde. Entre la réalité et notre ressenti de la réalité, il y a notre façon de percevoir la réalité, puis de l'interpréter. Pour schématiser :

Réalité -> Filtres de perception -> Mécanismes d'interprétation -> Notre façon de voir la réalité.


Dans l'article précédent, nous avons vu les filtres de perception.

Ici on s'intéresse aux mécanismes d'interprétation, qui sont au nombre de 3.



L'Omission

Le cerveau ne peut gérer consciemment que 5 à 9 informations à la fois. Pour éviter d'être submergé, il trie les informations. Les informations jugées prioritaires sont gardées conscientes, les autres passent en arrière-plan, inconscientes.


Exemple : Jusqu'au moment de lire ces lignes, aviez-vous conscience de la sensation de vos sous-vêtements sur votre peau ? Si vous répondez non à cette question, vous venez d'expérimenter ce qu'est l'omission. Dans le cas contraire, je suis sûre que vous trouverez une autre perception sensorielle dont vous n'aviez pas conscience jusqu'à maintenant, par exemple le tic-tac d'une montre ou tout autre bruit "parasite", ou bien lorsque vous cherchez vos lunettes alors qu'elles sont sur votre nez mais vous ne les sentez plus...


L'avantage de l'omission :

On ne se concentre que sur l'essentiel pour nous dans le moment présent, sans être noyé(e) sous les informations qui nous arrivent par nos 5 sens en permanence, en plus de nos pensées.


L'inconvénient de l'omission :

On peut avoir tendance à ne se concentrer que sur les points négatifs et oublier les points positifs, et donc voir le verre "à moitié vide".

Exemple : je me concentre sur l'unique fois où j'ai trop cuit mon gâteau au chocolat, mais j'oublie les 99 fois où je l'ai parfaitement cuit. Résultat, je pense que je ne sais pas cuire correctement un gâteau au chocolat.




La Généralisation

C'est la base de l'apprentissage. Elle consiste à considérer que la même façon de faire donne le même résultat.

Exemple : Lorsque j'ai effectué une fois le geste de baisser la poignée puis de tirer la porte pour l'ouvrir, je reproduis ce geste sur une autre porte, dans d'autres circonstances, car mon cerveau considère que c'est en faisant cette manipulation qu'on ouvre non seulement cette porte-ci, mais toutes les portes en général.


L'avantage de la généralisation :

Cela évite de se poser la question, notamment dans les gestes du quotidien, mais plus globalement dans tous les apprentissages, de "comment faire, cette fois-ci ?" Lorsque l'on reconnaît une situation similaire à une précédente situation déjà expérimentée, on agit de la même façon. Donc on gagne du temps, on n'a pas à tout "ré-apprendre" en permanence.


L'inconvénient de la généralisation :

Là encore, on peut vite voir le verre à moitié vide. Pour reprendre l'exemple du gâteau au chocolat, on peut vite généraliser un "J'ai fait trop cuire mon gâteau au chocolat" en "Je fais très mal la cuisine", voire "Je rate tout ce que j'entreprends".



La Distorsion

C'est un processus qui nous fait transposer les choses d'un contexte à un autre, et donc transformer, tordre les choses. C'est la base de la créativité.


L'avantage de la distorsion :

Cela permet la création, l'invention, en partant de quelque chose de connu et en le déformant pour arriver à quelque chose de nouveau.


L'inconvénient de la distorsion :

On peut transformer la réalité dans sa tête. Par exemple, "J'ai trop cuit le gâteau d'anniversaire de mon enfant, cela veut dire que je suis une mauvaise mère".

C'est une distorsion, ce n'est pas la réalité, c'est une interprétation (fausse). Faire trop cuire un gâteau n'a aucun rapport avec les qualités d'un parent.




Que faire avec ces mécanismes d'interprétation ?

Se rendre compte qu'ils existent

En prêtant attention à notre façon de voir le monde, on peut prendre conscience des omissions, généralisations et distorsions que nous faisons en permanence. Et identifier celles qui nous gênent, nous bloquent, nous embêtent.



Les questionner

Lorsque l'on a identifié un exemple de mécanisme qui nous rend malheureux(se), on le questionne pour trouver en quoi il est faux. Car tout mécanisme est forcément faux, on ne peut pas percevoir la réalité complètement objective. Donc on cherche un contre-exemple.


Par exemple : en reprenant les différents exemples liés au gâteau au chocolat :

- "Je ne sais pas cuire correctement un gâteau au chocolat" : Vraiment ? N'y a-t-il pas eu une fois où j'ai bien fait cuire un gâteau au chocolat ? Et un gâteau tout court ?

- "Je rate tout ce que j'entreprends" : Vraiment tout ? Je n'ai rien réussi ? Si, forcément. J'ai réussi à me lever ce matin, et tous les autres matins (et bien d'autres choses encore)

- "Je suis une mauvaise mère" : qu'est-ce que j'ai fait pour ou avec mon enfant et qui correspondent à mes critères d'une "bonne mère" ?





Avoir conscience de son mode de perception et modifier sa façon d'interpréter la réalité permet de modifier son rapport au monde et de voir les choses autrement.

Si vous souhaitez entamer une démarche de mieux-être, un accompagnement personnalisé et adapté à vos besoins est envisageable. Beaucoup de problématiques peuvent être abordées et de nombreux outils permettent de mettre en place et constater des changements.

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