Samantha Broggini, Hypnothérapeute & Sophrologue au Plessis-Robinson et Paris 15

"Pleurer ça ne résout rien"... vraiment ?


Une personne que j'accompagne m'a dit cette phrase un peu choc : "Pleurer, ça ne résout rien". Elle s'en voulait quand les larmes montaient, car ce n'est pas comme cela que l'on trouve une solution. Pourtant, pleurer est loin d'être inutile. Et dans une société où les larmes sont dévalorisées, synonymes de vulnérabilité voire de faiblesse, j'ai envie de réhabiliter les pleurs et leur redonner leur juste place.

Pleurer ça ne résout rien

Extérioriser

Une action innée

On le dit souvent : un bébé, à peine né, n'a qu'une seule manière de s'exprimer : les pleurs. C'est notre tout premier moyen de communication universelle. En grandissant, on acquiert avec le langage et la maturation du cerveau, des capacités d'analyse, de prise de recul, qui nous permettent de communiquer nos émotions ou nos besoins de multiples façons. Pour autant, lorsque l'émotion est intense, le retour à cet acte primitif et quasi-involontaire de pleurer permet d'extérioriser plus facilement et de manière plus fluide nos ressentis parfois lourds à porter.

Susciter l'empathie

Je parle beaucoup des neurones miroirs : ils nous permettent de percevoir ce que ressent l'autre, et ainsi entrer en empathie. Les larmes ont cette vertu : elles laissent rarement les autres indifférents. Si on peut toujours trouver des personnes pour réagir un peu brutalement face à des pleurs, heureusement le plus souvent ils inspirent bienveillance et consolation. Les larmes ont ce talent d'exprimer plus clairement que n'importe quel mot notre besoin de soutien.

Sortir le stress de son corps

Selon le biochimiste William Frey de l’Université du Minnesota, la composition des larmes d'émotion, riche en cortisol (hormone du stress) et en toxines, permet de nous débarrasser physiquement de ces substances directement liées au stress. En clair, pleurer des larmes seraient une sorte de vidange quand notre corps est submergé par des hormones de stress.

Cette théorie ne fait pas l'unanimité dans la communauté scientifique, en revanche, il a été démontré qu'après avoir pleuré, notre corps sécrète des endorphines, aussi appelées hormones du bien-être, qui nous procurent une sensation de calme, d'apaisement et de soulagement. Dans tous les cas, pleurer permet de se libérer d'une charge de stress trop importante.

Préparer le terrain

Dans l'absolu, je suis d'accord avec cette phrase "Pleurer ne résout rien", en tout cas, directement. Mais pleurer permet de se placer dans un état qui nous permettra ensuite de trouver la solution au problème.

La métaphore de la bouteille d'eau

Imaginez une bouteille remplie d'une eau boueuse, marronnasse et gluante. Vous auriez comme consigne de la remplir d'eau claire et cristalline. Comment feriez-vous ?

Si je la remplis d'eau directement, sans prendre soin de la vider et de la nettoyer, je n'arriverai jamais à un résultat satisfaisant. L'eau de ma bouteille sera toujours souillée, la boue diluée, certes, mais toujours un peu présente.

En revanche, si avant de remplir ma bouteille d'eau claire, je la vide de son eau boueuse, je la nettoie soigneusement, je la fais sécher, afin qu'elle soit prête ensuite à recevoir l'eau claire, j'obtiendrai le résultat souhaité.

Pourtant, vider et nettoyer la bouteille ne sont pas des actions qui mènent directement à l'objectif (qui est de remplir la bouteille d'eau claire). Ce sont des étapes préparatoires, mais essentielles pour toucher au but.

Se placer dans un état favorable

Comme dans mon exemple avec la bouteille, pleurer est bien souvent une étape préparatoire et essentielle pour ensuite aller de l'avant. Cela permet de sortir d'un état émotionnel désagréable voire insupportable, d'extérioriser et/ou communiquer ses ressentis, pour pouvoir, par la suite, se sentir mieux, avoir les idées plus claires pour en effet résoudre ce qui doit l'être.

Se priver de l'étape des larmes, c'est comme remplir la bouteille d'eau sans l'avoir nettoyée : on tente d'aller de l'avant tout en étant dans un état qui ne nous permet pas d'avoir toute notre capacité d'analyse ou de prise de recul. Donc, aussi bizarre que cela puisse paraître, prendre le temps de pleurer, c'est gagner du temps pour ensuite être en pleine possession de ses moyens pour la suite des événements.

Malheureusement, certaines circonstances ne sont pas les meilleures pour laisser les sanglots s'exprimer.

Avec moi, vous pouvez pleurer autant que vous voulez, j'ai un budget kleenex illimité !

Et surtout, ne vous excusez pas quand les larmes arrivent : les séances sont là pour cela !


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